20 jan 2012
Laurette veut mettre l’emploi et la croissance au cœur du débat

Lors de l’interview, la Vice-Première a exprimé son inquiétude par rapport au corset budgétaire imposé par l’Europe: « Je m’inquiète du corset budgétaire à tous crins. Pour moi, serrer la vis, ce n’est pas un projet de société ». Et les nouvelles propositions de L’Europe qu’elle qualifie de « ni favorables, ni très démocratiques » ne la rassurent pas: « pour un pays qui n’est pas en procédure de déficit excessif (…) la Commission pourrait imposer des programmes de réformes économiques structurelles. C’est ce que j’appelle une mise sous tutelle de l’Etat ».

Laurette Onkelinx s’est par contre réjouie de la position défendue par Elio Di Rupo et Jean-Claude Juncker pour que le Conseil européen se réoriente vers des politiques de croissance et d’emploi « C’est indispensable. Car on parle beaucoup des sanctions budgétaires. Parle-t-on au niveau européen d’emplois, de développement économique, de lutte contre la pauvreté? Où sont les délais, les objectifs chiffrés? Cela n’est pas l’actualité de l’Europe. Cela doit le devenir. Il faut secouer le cocotier ».

La Vice-première ministre a également fait part de son indignation car pour elle, on sait d’où vient la crise: du capitalisme financier. Et pour Laurette Onkelinx, il est inconcevable qu’aujourd’hui, dans un contexte budgétaire extrêmement difficile, les recettes de ce capitalisme financier soient toujours là et qu’il augmente donc son pouvoir avec la crise.

Interrogée sur la grève du 30 janvier prochain, Laurette Onkelinx a souligné la nécessité d’un tel mouvement social « Il est nécessaire d’exprimer une colère, il est important de montrer qu’il y a une vie sociale qui s’inquiète. » Si la ministre reconnait que la concertation sociale a été malmenée fin décembre « on était dans une situation de force majeure », elle se réjouit de la reprise intensive de cette concertation: « il faut la poursuivre. On verra si on peut modifier les mesures qui ont été prises. Il est important que les partenaires sociaux aient décidé de travailler sur un plan qui permet la croissance et l’emploi ».